Les substances utilisées pour l’euthanasie provoquent la mort en induisant une hypoxie consécutive à une paralysie des muscles respiratoires, comme c’est le cas pour les curarisants, en déprimant les centres respiratoire et cardio-vasculaire ou en exerçant des effets cardiotoxiques. Les méthodes douces induisant un minimum de souffrance et produisant d’abord l’état d’inconscience avant la mort sont évidemment à privilégier. De ce point de vue, l’euthanasie peut se définir comme une anesthésie dépassée. Certains médicaments associent plusieurs principes actifs pour combiner plusieurs effets anesthésiques et létaux. L’usage des curarisants seuls est éthiquement inacceptable.
T-61® est un médicament injectable destiné uniquement à l’euthanasie et ne contenant pas de barbiturique mais un mélange de trois molécules actives.
L’embutramide est un narcotique à action centrale inhibant le système nerveux central, principalement au niveau des centres respiratoires et circulatoires. L’iodure de mebenzonium exerce un effet curarisant déprimant les muscles striés y compris respiratoires. Enfin la tétracaïne, un anesthésique local inclus dans la préparation, permet selon la notice une injection indolore. Les effets cardiaques ne sont toutefois pas à exclure.
Il est vivement conseillé d’utiliser ce médicament uniquement par voie IV ou éventuellement par voie intracardiaque chez les animaux anesthésiés, car l’administration par une autre voie ne garantit pas de manière absolue que l’embutramide, responsable de la perte de conscience, agisse chronologiquement en premier lieu. Il est pourtant indispensable que cette dépression du système nerveux central précède le blocage neuromusculaire sous peine d’imposer une mort par asphyxie d’un animal conscient. Le respect scrupuleux des posologies est capital de ce point de vue.
- Ne pas administrer aux animaux conscients.
- Ne pas administrer aux animaux gravides.
- Dans de rares cas, excitation et convulsions peuvent se manifester.
- L’arrêt cardiaque peut être retardé.
- T61 provoque des déficiences histopathologiques : endommagement de l’endothélium, congestion dans les poumons, oedème pulmonaire et hémolyse.
Une injection intravasculaire correcte de toute la dose doit être assurée (utilisation d'un cathéter veineux).
L’administration est uniquement réservée au vétérinaire.
Ce produit est mortel pour les humains et ne peut pas être laissé en possession du propriétaire ; il convient de prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter une auto-injection accidentelle.
Evitez tout contact direct avec le produit.
Se débarrasser immédiatement de tout vêtement contaminé.
Si le produit se retrouve dans des plaies ouvertes ou des muqueuses, rincez à fond à l’eau et au savon.
En cas d’ingestion ou d’auto-injection accidentelle, demandez immédiatement conseil à un médecin.
Antidotes :
- analeptiques centraux : contre le composant narcotique
- physostigmine : contre le composant curarisant.