La maladie hémorragique virale du lapin est provoquée par un virus de la famille des Caliciviridés, et du genre Lagovirus, le rabbit haemorrhagic disease virus ou RHDV. Ce virus hautement contagieux se propage par contact direct entre les lapins ou par contact indirect via l’urine, les excréments, l’eau, l’alimentation, les insectes piqueurs ou d’autres vecteurs mécaniques tels que les vêtements, les mains ou les cages.
Deux variantes de ce virus sont connues : le RHDV1 et le RHDV2. Le RHDV2 a d’abord été identifié en France, en 2010, mais, entre-temps, sa présence a été rapportée en Belgique ainsi que dans la plupart des autres pays d’Europe occidentale. En raison de la grande différence génétique et antigénique entre le RHDV2 et le RHDV classique, il n’y a pas d’immunité croisée entre ces deux variantes.
Une infection par le RHDV2 diffère de celle induite par le RHDV classique. Le RHDV2 donne lieu à une période d’incubation plus longue (3 à 5 jours), un taux de mortalité plus variable (5 à 70 %, en moyenne 20 %), un spectre d’hôte plus large (le virus a parfois été isolé chez les lièvres notamment) et une résistance liée à l’âge (les animaux de moins de 15 jours sont résistants, les animaux âgés de plus de 2-3 semaines sont sensibles). Dans les deux cas, la plupart des animaux infectés meurent sans symptômes préalables (forme suraiguë). En cas de forme aiguë, en particulier avec le RHDV2, les animaux présentent les symptômes suivants : difficultés respiratoires, forte fièvre (> 40 °C), hémorragies et symptômes nerveux juste avant de mourir. Le RHDV2 peut être associé, dans quelques rares cas, à des signes cliniques plus chroniques, tels que perte de poids, léthargie, ictère et mortalité après 1 à 2 semaines. De manière sporadique, et surtout avec le RHDV2, les lapins survivent à l’infection et présentent alors une très forte séroconversion.
Chez les lapins domestiques, la maladie peut être endiguée par la vaccination, en association avec des mesures d’hygiène préventives et la mise en quarantaine des cas suspects et des animaux qui sont entrés en contact avec des animaux suspects, qu’ils soient malades ou morts. Les lieux de vie de ces animaux doivent être soigneusement nettoyés et désinfectés. Les aliments (légumes, herbe fraîche, foin) ou les terriers susceptibles d’avoir été en contact avec des lapins sauvages, doivent être évités. Il convient également de prévoir un plan de lutte efficace contre les insectes et d’éviter d’introduire le virus dans la lapinière par les vêtements, les chaussures ou d’autres vecteurs mécaniques.
- Vaccin bivalent contre le RHDV1 et le RHDV2.
- Vaccin combiné contre la myxomatose et le RHDV de types 1 et 2. Ce vaccin contient 2 souches du virus de la myxomatose dont l'une exprime le RHDV1 et l'autre le RHDV2 (voir Myxomatose).
- Vaccin à base de protéines de capside VP60 du RHDV2, auto-assemblées en particules pseudo-virales (VLP). Ces VLP ne peuvent pas infecter la cellule mais sont immunogènes et protègent contre le RHDV1 et le RHDV2.
Ces vaccins sont destinés à l’immunisation active (et selon le vaccin, passive) des lapins afin de réduire la mortalité causée par le RHDV1 et/ou le RHDV2. Aucune protection croisée entre le RHDV1 et le RHDV2 n’a été démontrée.