Info pharmacothérapeutiques

Prostaglandines

date de la dernière mise à jour 30-09-2025
Groupe
Hormones sexuelles et reproduction (HSR)
Indication
induction de l'avortement
induction du part
endométrite-pyomètre
subœstrus
synchronisation de l’œstrus
induction de l’œstrus
Substance active
dinoprost
cloprosténol
alfaprostol
Indication

Les prostaglandines (PG) peuvent être particulièrement utiles dans les situations où le corps jaune doit entrer en régression.

Chevaux
Les PG sont indiquées chez la jument pour induire l’œstrus :

  • Chez une jument qui n’a pas été vue en chaleur et chez laquelle un des ovaires présente un corps jaune présent depuis au moins 6 jours. Un œstrus fertile doit se produire après 3 à 4 jours. Il peut s’agir de juments chez lesquelles les chaleurs sont passées inaperçues (subœstrus), de juments porteuses d’un embryon mort ou, enfin, de juments présentant un corps jaune persistant (lactation, pyomètre et lorsque la mort fœtale est survenue après le 40ème jour de gestation). Si une mort fœtale survient, l’action des PG est alors très variable sinon insuffisante, par suite de la présence des cupules endométriales à l’origine de sécrétion de PMSG à effet LH chez la jument.
  • Pour l’induction d’un avortement avant le 40ème jour de gravidité. Les PG provoquent alors la régression du corps gestatif, provoquant ainsi la mort embryonnaire. L’œstrus apparaît 3 à 4 jours plus tard.

Anes

  • Induction de l’œstrus chez les ânesses avec un corps jaune fonctionnel.

Bovins
Les PG peuvent être utilisées chez les bovidés pour les indications suivantes :

  • Traitement du subœstrus : les vaches cyclées, chez lesquelles aucune chaleur n’est observée (subœstrus), réagissent à l’administration de PG par l’apparition de chaleurs 3 à 7 jours plus tard à condition qu’au moment de leur administration, un corps jaune vieux d’au moins 6 jours soit présent. L’intensité des chaleurs est très variable.
  • Synchronisation de l’œstrus. Il est possible d’obtenir une synchronisation de l’œstrus avec des PG à condition que les animaux traités soient cyclés. Deux injections de PG administrées à 11 - 12 jours d’intervalle assurent la synchronisation des chaleurs. La fertilité de la phase œstrale induite est basse chez les vaches et normale chez les génisses.
  • Traitement d’un pyomètre ou d’une endométrite purulente. Etant donné qu’un corps jaune persistant est toujours associé à un pyomètre, de tels animaux ne présentent pas de chaleurs et du pus s’accumule dans l’utérus. Les PG entraînent la régression du corps jaune à la suite de laquelle les chaleurs peuvent survenir. Les contractions associées du myomètre vont vider l’utérus. Comme un pyomètre a tendance à récidiver, il est recommandé de traiter deux fois les animaux avec des PG, à 14 jours d’intervalle. L’endométrite purulente étant le premier stade du pyomètre, il est recommandé de traiter ces animaux (2 fois) avec des PG.
  • Provoquer un avortement. Si une vache est saillie de manière non souhaitée, les PG peuvent facilement mettre un terme à la gestation, du 6ème jour minimum au 80ème jour après la fécondation. Après le 80ème jour, la chance d’obtenir un avortement par une seule injection de PG est de plus en plus limitée. Au cours des 4ème et 5ème mois de la gravidité, un avortement n’est possible que par l’administration répétée de PG, 3 ou 4  fois, à quelques jours d’intervalle.
  • Induction du part. Chez les bovins, l’induction du part avec des PG est possible à partir du 250ème jour de la gravidité. Entre le 250ème et le 260ème jour, le risque de mortalité du veau est élevé de même que la rétention d’arrière-faix. Le risque diminue après le 270ème jour. L’induction du part peut également être souhaitée en cas d’accouchement retardé, d’un œdème grave du pis ou d’un hydrallantoïs, ou de maladies graves pour la vache.
  • Traitement d’une vache avec un fœtus momifié. Un corps jaune persistant est présent lorsque le fœtus est momifié. Ce dernier peut être expulsé par l’administration de PG. Une seule injection de PG peut parfois s’avérer insuffisante. Il est alors nécessaire de recourir à une seconde injection quelques jours plus tard. Il est recommandé de combiner l’injection avec des œstrogènes, ce qui a pour effet de relâcher le col utérin et de faciliter l’expulsion.
  • Traitement des kystes ovariens (9-14 jours après administration d’un analogue de la GnRH).

Chèvres

  • Synchronisation de l’œstrus. Une dose unique de PG permet d’obtenir une synchronisation de l’œstrus. En l’absence de signes d’œstrus, le traitement peut être répété après 9-10 jours.

Porcs
Les PG sont indiquées chez la truie pour :

  • L’induction du part. De nombreuses raisons peuvent être invoquées pour induire le part chez la truie. Les plus importantes sont le regroupement des mises bas et la possibilité de répartir les porcelets entre les mères. L’injection de PG ne doit pas être effectuée trop tôt, soit plus de 2 jours avant la fin de la durée moyenne de la gestation, pour éviter que les chances de survie des porcelets ne diminuent. La parturition survient 24 à 40 heures après l’administration de PG. Si on donne de l’oxytocine 20 à 24 heures après l’injection de PG, la parturition survient quelques heures après l’injection d’oxytocine.
  • L’expulsion d’une portée de porcelets momifiés. Si la truie n’a pas mis bas à la date pressentie, et que l’examen clinique confirme la présence de porcelets momifiés, les porcelets momifiés sont expulsés après un ou deux jours suite à l’administration de PG. Il convient essentiellement de s’assurer qu’il n’y a pas eu d'erreur en calculant la date du part.
Pharmacodynamie

La prostaglandine F2alpha est notamment sécrétée dans le sang par l’endomètre en fin de cycle ou de gestation. Elle se trouve également dans d’autres fluides corporels comme le sperme et le corps jaune. Des composés synthétiques sont disponibles. Ces substances possèdent une activité lutéolytique et une action stimulante sur les fibres musculaires lisses, notamment myométriales. La lyse du corps jaune est la conséquence d'une vasoconstriction locale suivie d'une lyse des cellules lutéales. Le spectre d'action des prostaglandines est relativement large mais varie fortement d’une espèce à l'autre.

Pharmacocinétique

Ces substances sont caractérisées par une métabolisation rapide au niveau des poumons, du foie, des reins et d’autres organes. Elles sont principalement excrétées par voie rénale. La demi-vie est de quelques minutes.

Contre-indication

Gestation souhaitée, administration intraveineuse, administration à des animaux plus âgés, administration à des animaux souffrant de maladies cardio-vasculaires, gastro-intestinales ou respiratoires.
Ne pas utiliser pour l’induction du part en cas de suspicion de dystocie mécanique.

Effets indésirables

L'efficacité et l'importance des effets indésirables varient très fortement en fonction de la dose, de la nature de la molécule utilisée, de l'espèce cible et de la sensibilité individuelle. Les effets indésirables, qui sont habituellement moins prononcés avec les dérivés synthétiques, sont la diarrhée, les vomissements, la sudation, du ptyalisme, de la tachypnée, des avortements et des spasmes des muscles lisses (miction et défécations plus fréquentes). L’induction du part ou d’un avortement peut causer une dystocie, la naissance de petits mort-nés et/ou une métrite.

Des réactions et des infections bactériennes locales peuvent survenir dans de rares cas. Rincer et désinfecter le site d’injection avant administration.

Interactions

L’activité de l’oxytocine peut être renforcée par les prostaglandines.
Ne pas administrer avec des AINS, étant donné que ceux-ci peuvent inhiber la synthèse de prostaglandines endogènes.

Précautions particulières

Rincer et désinfecter le site d'injection avant administration.
Eviter l'auto-injection ou le contact cutané. Les prostaglandines peuvent être absorbées par voie cutanée et causer un bronchospasme ou une fausse couche. L’administration de ces composés par des personnes asthmatiques ou ayant des difficultés respiratoires, ou par des femmes enceintes ou désireuses de le devenir, doit se faire avec la plus grande prudence. La possibilité d’une absorption transcutanée ne doit pas être écartée.

Reproduction & lactation

Ces produits ne doivent pas être administrés lors d’une gestation désirée. La sécurité d’utilisation pendant la lactation dépend du produit utilisé.

Médicaments vétérinaires

  • Alfasan
    cloprosténol
    bovin prod de lait [injection]
  • Virbac
    cloprosténol
    bovin prod de lait [injection]
  • Virbac
    cloprosténol
    porc [injection]
  • Fatro
    cloprosténol
    bovin prod de lait, porc, buffle [injection]
  • Zoetis
    dinoprost
    cheval prod de lait, cheval non prod d'aliments, bovin prod de lait, porc [injection]
  • Ceva
    dinoprost
    bovin prod de lait, porc [injection]
  • Intervet Int
    cloprosténol
    cheval non prod d'aliments, cheval prod de lait, bovin prod de lait, chèvre prod de lait, porc, âne [injection]
  • Ceva
    alfaprostol
    cheval prod de lait, cheval non prod d'aliments, bovin prod de lait, porc [injection]
  • Vetpharma AH
    cloprosténol
    cheval prod de lait, cheval non prod d'aliments, bovin prod de lait, porc [injection]
  • Laboratorios Syva
    cloprosténol
    bovin prod de lait, porc [injection]
  • Veyx-Pharma
    cloprosténol
    bovin prod de lait, porc [injection]
  • Veyx-Pharma
    cloprosténol
    bovin prod de lait, porc [injection]
  • Intervet Int
    cloprosténol
    porc [injection]
  • Ceva
    cloprosténol
    cheval non prod d'aliments, cheval prod de lait, bovin prod de lait, porc, chèvre prod de lait [injection]
  • Lab Calier
    cloprosténol
    cheval non prod d'aliments, cheval prod de lait, bovin prod de lait, porc [injection]