Les neuroleptiques ou antipsychotiques, aussi appelés tranquillisants majeurs, ont été regroupés en différentes familles. Seules les phénothiazines et les butyrophénones sont utilisées en médecine vétérinaire.
En médecine humaine, les neuroleptiques sont indiqués dans le traitement des psychoses et dans certains syndromes comportant des hallucinations ou de l’agitation psychomotrice. En médecine vétérinaire, ces substances sont surtout utilisées pour leurs propriétés sédatives et antiémétiques, notamment dans le cas particulier du mal des transports, et leurs propriétés antihistaminiques. La sédation est lente à apparaître, surtout après une administration orale. Elle est susceptible d’être interrompue de manière abrupte, par exemple par des stimulations auditives, et elle est de qualité moyenne. L’analgésie est absente. Ces substances peuvent aussi être utiles pour le traitement de l’agressivité et l’inhibition des réflexes conditionnés. Les neuroleptiques diminuent les arythmies induites par l’adrénaline, ce qui fait supposer qu’ils protègent le myocarde.
La pharmacologie de ces substances est assez complexe. L’action antagoniste vis-à-vis des récepteurs dopaminergiques D2 et des récepteurs sérotoninergiques rend compte de l’indifférence psychomotrice, de la réduction de l’agressivité et des troubles psychotiques ainsi que de l’effet antiémétique. La sédation est plutôt la résultante des effets antagonistes au niveau des récepteurs alpha-1 adrénergiques et histaminergiques.
Ces substances sont actives par voie parentérale et orale bien que dans ce cas, l’action soit ralentie. Elles subissent un métabolisme hépatique variable selon les molécules et les espèces. Une stimulation du système microsomal a été observée. Ces substances sont excrétées par voie rénale.
Les neuroleptiques ne sont pas des anti-épileptiques, au contraire, ils facilitent l’épilepsie. L’administration prolongée peut conduire à des dyskinésies irréversibles se manifestant par des mouvements anormaux.
Les effets indésirables nombreux sont en partie la conséquence d’une action inhibitrice sur les récepteurs dopaminergiques centraux qui, selon leur localisation, jouent des rôles très variés. Ainsi, les neuroleptiques peuvent induire des symptômes extrapyramidaux caractérisés par des tremblements, de la rigidité et de l’akinésie. De l’hyperkinésie est parfois constatée. De la galactorrhée résultant d’une hyperprolactinémie est aussi décrite. Une hypotension prolongée, éventuellement compensée par de la tachycardie, peut être observée suite à la dépression des réflexes vasomoteurs contrôlés par l’hypothalamus et le tronc cérébral, au blocage des récepteurs alpha-1 (vasodilatation), à l’effet direct sur les muscles lisses vasculaires périphériques et à une dépression du myocarde. L’action inhibitrice vis-à-vis des récepteurs muscariniques explique certains effets indésirables comme la sécheresse de la bouche et la constipation.
Les effets sédatifs des autres substances agissant en ce sens sur le système nerveux central sont amplifiés par les neuroleptiques.
Des effets tératogènes ont été décrits.