Info pharmacothérapeutiques

Maladie de Cushing (hypercorticisme) chez le chien

date de la dernière mise à jour 21-02-2025
Groupe
Système hormonal
Indication
cushing - hypercorticisme - PPID
Substance active
trilostane
Indication

Traitement de l'hypercorticisme d'origine hypophysaire (maladie de Cushing) ou d'origine surrénalienne (syndrome de Cushing primaire) chez le chien.

Pharmacodynamie

Le trilostane inhibe l’enzyme 3-bêta-hydroxystéroïde-déhydrogénase et donc la synthèse de différentes hormones stéroïdiennes telles que le cortisol et l’aldostérone. L’inhibition est réversible et dose-dépendante.
L’effet du trilostane sur la stéroïdogénèse gonadique n’est important qu’à haute dose.

Pharmacocinétique

Chez le chien, l’absorption du trilostane après administration orale est bonne bien que variable. La concentration sérique maximale est atteinte après 1,5 - 2 h. La notice conseille d’administrer le médicament avec l’alimentation. L’action du trilostane est de courte durée ; certaines publications y voient l’explication de l’absence de réaction chez certains chiens après l’administration de la dose unique recommandée par jour. Le trilostane est métabolisé par le foie, entre autres en kétotrilostane actif. L’index thérapeutique du trilostane dépasse celui du mitotane. La dose d’attaque sera ajustée en fonction des résultats des tests de stimulation de l’ACTH effectués régulièrement (10 jours, 4 semaines et 12 semaines après le début de la thérapie, ensuite tous les 3 mois).

Contre-indication

Ne pas utiliser chez les chiens atteints d’une maladie hépatique primaire et/ou souffrant d’insuffisance rénale.

Effets indésirables

Le trilostane est relativement bien toléré par le chien. Les effets indésirables sont assez rares.
Des symptômes associés à une insuffisance surrénalienne iatrogène tels qu’une faiblesse, une léthargie, une anorexie, des vomissements ou des diarrhées peuvent être observés. Ces signes disparaissent généralement à l’arrêt du traitement. Une crise addissonienne aiguë (choc) peut aussi se produire.
Quelques rares cas isolés de nécrose de la glande surrénale ont été observés chez des chiens traités, pouvant aboutir à une insuffisance surrénalienne.
Une insuffisance rénale subclinique peut évoluer vers une insuffisance clinique suite à un traitement au trilostane.
Une polyarthrite subclinique peut être révélée et évoluer vers une arthrite symptomatique en raison de la réduction des quantités circulantes de corticostéroïdes endogènes.
Il existe quelques descriptions de morts subites sous traitement.
D’autres effets indésirables de faible intensité et rares comme une ataxie, une hypersalivation, de l'œdème, des tremblements musculaires et des altérations cutanées peuvent apparaître.

Interactions

On évitera l’usage simultané avec des diurétiques d’épargne potassique (comme la spironolactone par exemple), le trilostane pouvant provoquer une hyperkaliémie en raison de son action inhibitrice sur la synthèse de l’aldostérone.
L’activité des IECA peut être renforcée.
D’autres molécules diminuant le taux de cortisol (le mitotane, le kétoconazole, l'aminoglutéthimide) renforcent l’action du trilostane, pouvant engendrer ainsi de l’hypoadrénocorticisme  (voir aussi « Précautions particulières »).

Précautions particulières

Etant donné que l’hypercorticisme touche principalement les chiens âgés, il est important de vérifier l’absence de maladie hépatique primaire ou d’insuffisance rénale avant et pendant le traitement (voir « Contre-indications »).
La présence simultanée d’un diabète sucré requiert un traitement spécifique.
En cas de traitement préalable au mitotane, la notice conseille de respecter un intervalle d’au moins un mois entre l’arrêt du mitotane et le début du traitement avec le trilostane. Les chiens pouvant être plus sensibles aux effets du trilostane après un traitement au mitotane, une étroite surveillance de la fonction surrénalienne est conseillée.
Chez les chiens atteints d’une anémie préexistante, une réduction supplémentaire de l’hématocrite et de l’hémoglobine pourrait survenir.
Le trilostane peut entraîner une diminution de la synthèse de testostérone et a des propriétés anti-progestérone.

Les femmes enceintes ou susceptibles de l’être doivent éviter de manipuler les gélules. Le contenu des gélules peut provoquer des irritations et une hypersensibilité cutanées et oculaires. Il ne faut donc pas fractionner ni ouvrir les gélules.

Reproduction & lactation

Ne pas utiliser chez les chiennes gestantes ou allaitantes ou chez les animaux destinés à la reproduction.

Médicaments vétérinaires