Folia Veterinaria

L'usage des pyréthrinoïdes est absolument contre-indiqué chez le chat

datum publicatie: 15-05-2008
Espèce cible
chat
Indication
tiques
acariens de la gale et poux
Substance active
perméthrine
deltaméthrine
Sujets
Pharmacovigilance
Antiparasitaires

[[{"fid":"408","view_mode":"default","fields":{"format":"default","alignment":"right","field_file_image_alt_text[und][0][value]":false,"field_file_image_title_text[und][0][value]":false},"type":"media","field_deltas":{"1":{"format":"default","alignment":"right","field_file_image_alt_text[und][0][value]":false,"field_file_image_title_text[und][0][value]":false}},"attributes":{"class":"media-element file-default media-wysiwyg-align-right","data-delta":"1"}}]]Les pyréthrinoïdes sont administrés entre autres comme insecticides ou acaricides. Elles entrent dans la composition de trois médicaments destinés à la lutte contre les ectoparasites chez le chien (Advantix®, Defendog®, tous deux à base de perméthrine, et Kiltix®, à base de fluméthrine) mais également dans des produits actifs contre les ectoparasites en vente libre en tant que biocides, soit dans le circuit vétérinaire et officinal, soit dans les magasins spécialisés pour animaux ou les supermarchés.

Chaque été, un grand nombre de chats sont victimes d’un mauvais usage des pyréthrinoïdes, aboutissant parfois à une issue fatale. Ces accidents sont souvent dus à l’usage de formules spot-on concentrées indiquées chez le chien, mais ils pourraient également survenir lorsque les chats sont mis en contact avec des chiens venant d’être traités. (Linnet PJ, 2008; Sutton NM et al., 2008). Durant la période 2006-2007, 138 cas d’exposition de chats à la perméthrine ont été rapportés au Centre Antipoisons belge. Parmi ces animaux, 7 n’ont développé aucun symptôme. 12 autres ne présentaient aucun symptôme au moment de l’appel téléphonique. 40 chats ont développé de légers symptômes (tremblements légers, salivation), 33 ont montré une symptomatologie plus grave (tremblements prononcés et myoclonies) et chez 45 animaux, des convulsions ont été décrites. Un autre animal dont l’issue a été fatale avait également présenté des convulsions. Dans 63 des 138 cas rapportés, le nom du produit était connu. Parmi ces 63 produits, les deux produits les plus souvent cités étaient des formulations de type « spot-on » destinées à être administrées au chien. L’une est enregistrée comme biocide ( 36 cas rapportés) et l’autre comme médicament à usage vétérinaire (9 cas rapportés).

Les pyréthrinoïdes ne sont pratiquement pas résorbés par la peau excepté chez les reptiles. Chez le chat, l’ingestion de ces produits pendant le toilettage et l’activité limitée de la glucuronyltransférase font que les pyréthrinoïdes débouchent souvent sur des intoxications. La dose toxique minimale en cas d’exposition dermique à la perméthrine est de moins de 100 mg/kg PV chez le chat (Sutton et al., 2007). Les symptômes suivants peuvent apparaître : hypersalivation, vomissements, diarrhée, tremblements, hyper- ou hypothermie. L’animal se rétablit généralement après 2 à 3 jours, cependant il arrive que l’issue soit fatale. Le traitement est symptomatique et repose sur le lavage du chat, l’administration de charbon actif, l’induction de vomissements, l’usage de laxatifs et l’administration de sédatifs tels que le diazépam.

Etant donné que ces pyréthrinoïdes ne sont pas seulement disponibles dans les médicaments précités, mais également dans des biocides en vente libre, il revient aux médecins vétérinaires et aux pharmaciens de mettre systématiquement en garde les propriétaires de chats contre les risques éventuels liés à l’usage imprudent de produits destinés aux chiens pour les soins du chat.


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