Info pharmacothérapeutiques

Phénobarbital

date de la dernière mise à jour 16-08-2023
Groupe
Antiépileptiques
Indication
épilepsie
Substance active
phénobarbital
Indication

Prévention des crises dues à l'épilepsie généralisée chez les chiens.

Pharmacodynamie

Les effets antiépileptiques du phénobarbital résultent probablement d’une réduction de la transmission monosynaptique, induisant vraisemblablement une diminution de l’excitabilité neuronale et une élévation du seuil de stimulation électrique de l’aire motrice corticale.

Pharmacocinétique

Après administration orale chez le chien, le phénobarbital est rapidement absorbé à partir du tube digestif, les concentrations plasmatiques maximales sont atteintes dans les 4 à 8 heures. La biodisponibilité est comprise entre 86 et 96 %. Le volume de distribution est de 0,75 l/kg et une concentration sérique à l’équilibre est atteinte 2 à 3 semaines après l’instauration du traitement. Environ 45 % de la concentration plasmatique est lié aux protéines. La métabolisation se fait par hydroxylation aromatique du groupe phényl en position para (p–hydroxyphénobarbital). Environ 25 % du médicament est excrété sous forme inchangée dans les urines. La variabilité interindividuelle de la demi-vie d’élimination est importante, allant de 40 à 90 heures.

Contre-indication

Ne pas utiliser chez les animaux souffrant d’insuffisance hépatique sévère, de troubles rénaux ou cardio-vasculaires sévères.

Effets indésirables
  • Ataxie, somnolence, faiblesse et étourdissements peuvent apparaître en début de traitement. Ces effets disparaissent généralement au cours du traitement.
  • Parfois : hyperexcitabilité paradoxale, en particulier au début d’un premier traitement. Cette hyperexcitabilité n’étant pas liée à un surdosage, il n’y a pas lieu de réduire la posologie.
  • Polyurie, polydipsie et polyphagie peuvent survenir à des concentrations sériques moyennes ou élevées ; ces effets peuvent être atténués en limitant l’absorption d’eau et de nourriture.
  • L’ataxie et la somnolence deviennent souvent problématiques lorsque les taux sériques atteignent les limites supérieures de l’intervalle thérapeutique. Des concentrations sériques élevées peuvent être associées à une hépatotoxicité.
  • Le phénobarbital peut avoir des effets délétères sur les cellules souches de la moelle osseuse. Les conséquences sont une pancytopénie immunotoxique et/ou une neutropénie. Ces réactions disparaissent à l’arrêt du traitement.
  • Le traitement des chiens avec le phénobarbital peut entraîner une réduction des taux sériques de la T4 totale ou de la T4 libre, sans que ceci indique nécessairement une hypothyroïdie (voir aussi Folia Veterinaria 2006 n°3). Un traitement de substitution de l’hormone thyroïdienne ne doit être instauré que si l’on observe des signes cliniques de la maladie.
  • En cas d’effets indésirables sévères, on conseille de réduire la dose administrée.
Interactions
  • À la dose thérapeutique, le phénobarbital est un inducteur des protéines plasmatiques (telles que la glycoprotéine acide alpha1, GPA), auxquelles se lient les médicaments. Il convient donc de prêter une attention particulière aux caractéristiques pharmacocinétiques et aux posologies des médicaments administrés simultanément.
  • L’administration concomitante de phénobarbital conduit à une diminution des concentrations plasmatiques de la ciclosporine, des hormones thyroïdiennes et de la théophylline. L’efficacité de ces substances s’en trouve réduite.
  • La cimétidine et le kétoconazole sont des inhibiteurs des enzymes hépatiques : leur administration concomitante avec le phénobarbital peut provoquer une augmentation de la concentration sérique du phénobarbital.
  • Les analgésiques narcotiques peuvent renforcer l’effet du phénobarbital.
  • L’utilisation concomitante de bromure de potassium augmente le risque de pancréatite.
  • L’administration concomitante d’autres médicaments ayant une action dépressive sur le système nerveux central, tels que les analgésiques narcotiques, les dérivés morphiniques, les phénothiazines, les antihistaminiques, la clomipramine et le chloramphénicol, peut renforcer les effets du phénobarbital.
  • L’administration concomitante de phénobarbital peut stimuler le métabolisme et réduire les effets des antiépileptiques, du chloramphénicol, des corticostéroïdes, de la doxycycline, des bêta-bloquants et du métronidazole.
  • L’efficacité des contraceptifs oraux peut être atténuée.
  • Le phénobarbital peut réduire l’absorption de la griséofulvine.
  • Les principes actifs suivants peuvent abaisser le seuil convulsif : quinolones, bêta–lactamines à doses élevées, théophylline, aminophylline, ciclosporine et propofol. Les médicaments susceptibles de modifier le seuil convulsif ne doivent être utilisés qu’en cas de réelle nécessité et lorsqu’il n’existe aucune alternative plus sûre.
Précautions particulières
  • Chez les petits chiens, contrairement aux recommandations, la dose ne peut donc pas être ajustée par paliers de 20 % ; une surveillance particulière est donc nécessaire chez ces animaux.
  • La prudence est de mise chez les animaux présentant une insuffisance hépatique ou rénale, une hypovolémie, une anémie, une affection cardiaque ou respiratoire.
  • Le risque d’effets indésirables hépatotoxiques peut être réduit ou différé en utilisant la dose efficace la plus faible possible. Il est recommandé de surveiller les paramètres hépatiques en cas de traitement prolongé.
  • L’état clinique de l’animal traité devra être évalué 2 à 3 semaines après l’instauration du traitement puis tous les 4 à 6 mois, en mesurant par exemple les enzymes hépatiques et les acides biliaires sériques. Il est important de noter que suite à une crise, l’hypoxie notamment entraîne une élévation des taux d’enzymes hépatiques.
  • Le phénobarbital peut augmenter l’activité de la phosphatase alcaline et des transaminases, sans que cela soit obligatoirement signe d’hépatotoxicité. En cas de suspicion d’hépatotoxicité, il est recommandé d’effectuer des bilans hépatiques. Si les concentrations en enzymes hépatiques augmentent mais que les concentrations sériques en acides biliaires demeurent dans l’intervalle physiologique, il n’est pas nécessaire de réduire la dose de phénobarbital.
  • Si l’état d’un animal épileptique est stabilisé, il est déconseillé de substituer une formulation de phénobarbital par une autre. L’arrêt du traitement au phénobarbital doit être progressif afin d’éviter une augmentation de la fréquence des crises.
Reproduction & lactation

Le phénobarbital traverse la barrière placentaire et est excrété en faible quantité dans le lait maternel. L’innocuité du médicament vétérinaire pendant la gestation n’a pas été établie chez la chienne. Les effets sédatifs indésirables doivent être étroitement surveillés chez les chiot allaités. En cas de gravidité ou de lactation, le produit ne devra être administré qu’après évaluation du rapport bénéfices/risques.