Agent antiépileptique à utiliser en complément du phénobarbital dans le contrôle des cas réfractaires d'épilepsie chez le chien. Administrer aux chiens souffrant d'épilepsie réfractaire, lorsque le contrôle des crises n'est pas satisfaisant en dépit d'un traitement au phénobarbital approprié conduisant à des concentrations sériques de phénobarbital stables et comprises entre les limites thérapeutiques. La dose doit être déterminée en fonction du chien traité et administrée deux fois par jour avec l’alimentation.
Le bromure de potassium est en compétition avec le transport du chlore à travers les membranes des cellules nerveuses et inhibe le transport du sodium, provoquant ainsi l'hyperpolarisation des membranes. Celle-ci augmente le seuil épileptogène et prévient la propagation des décharges épileptiques. Le bromure potentialise l'effet du neuromédiateur GABA et provoque une activité synergique du bromure avec d'autres médicaments ayant une activité directe ou indirecte sur ce récepteur, tel que le phénobarbital.
La demi-vie étant d'environ 24 jours chez le chien, les concentrations à l'état d'équilibre ne sont parfois atteintes qu’après quelques semaines, voire plusieurs mois. Le bromure de potassium est bien absorbé par voie orale, avec un pic intervenant 1,5 h environ après une prise orale. Le bromure diffuse rapidement, tout comme l’ion chlore, dans tout l'espace extracellulaire et dans les cellules. Les mécanismes de diffusion de ces deux ions sont similaires. Le bromure n'est pas métabolisé et est excrété principalement par les reins, où il entre en compétition avec le chlorure pour la réabsorption tubulaire. La concentration de chlorure diminue en proportion directe avec l’augmentation de la concentration de bromure dans l'organisme.
Les animaux âgés sont plus sensibles au surdosage que les jeunes.
Une sédation temporaire peut être observée pendant 3 semaines. D’autres effets indésirables peuvent apparaître comme l’ataxie, les vomissements, la polyurie et la polydipsie, la polyphagie, des nausées et des réactions cutanées. Parmi les effets moins fréquents, on cite de l’agressivité et des pancréatites. Dans de nombreux cas, ces effets indésirables peuvent disparaître après réduction de la dose de phénobarbital de 10 à 25 %. Dans les cas de pancréatite ou de dermatite, un traitement symptomatique peut être requis.
Une forte assimilation d’ions chlore avec l’alimentation (aliments secs avec > 1 % Cl) stimule l’excrétion du bromure par l’urine et diminue les concentrations sériques du bromure, ce qui pourrait provoquer des crises d’épilepsie. À l'inverse, le passage à un régime alimentaire pauvre en chlorure augmentera les concentrations sériques de bromure, ce qui peut entraîner une intoxication au bromure. L'administration de liquides ou de médicaments contenant du chlorure peut réduire les concentrations sériques de bromure. Les diurétiques de l'anse dont le furosémide peuvent augmenter l'excrétion du bromure et réduire ainsi les concentrations sériques. Une intoxication au bromure peut être traitée en administrant du chlorure de sodium ou un produit stimulant l’excrétion du chlorure par l’urine.
Eviter l’interruption brutale du traitement vu le risque d’induction des crises. Il peut être nécessaire de réduire la dose chez les animaux souffrant d'insuffisance rénale. Une réduction de la prise de chlorure de sodium peut entraîner une intoxication au bromure. L’administration à un animal à jeun peut entraîner des vomissements. Il n'est pas possible d'administrer avec précision la posologie initiale recommandée aux chiens de moins de 11 kg.
Ce produit ne doit pas être manipulé par des femmes enceintes ou qui pourraient l’être, ni par des femmes qui allaitent. Les personnes présentant une hypersensibilité connue au bromure devraient éviter tout contact avec le médicament vétérinaire. En cas d'irritation de la peau ou des yeux, ou en cas d'auto-administration accidentelle, demander immédiatement conseil à un médecin et montrer la notice ou l’étiquetage.
La sécurité du médicament vétérinaire n'a pas été établie en cas de gravidité ou de lactation. Le bromure peut traverser le placenta et des cas d'intoxication néonatale au bromure ont été rapportés chez l’homme. Le traitement en période de gravidité ou de lactation doit reposer sur une évaluation bénéfices/risques.