L’usage accru d’ectoparasiticides topiques sous forme de colliers, de spot-on ou de sprays chez les animaux de compagnie soulève des préoccupations quant au niveau de risque environnemental, notamment pour les eaux de surface (voir aussi « Chiens et chats traités avec des ectoparasiticides : une source de contamination environnementale ? »).
Récemment, une étude expérimentale (Perkins et al., 2024) avait pour objectif de mesurer l’évacuation dans les eaux usées du fipronil et de l’imidaclopride appliqués sous forme de spot-on chez 98 chiens. Le lavage des mains du propriétaire après avoir caressé l’animal traité (4,9% de l’imidaclopride et 3,1% du fipronil appliqués), le toilettage (3,1% de l’imidaclopride et 1,9% du fipronil appliqués) et le nettoyage du couchage (1,1% de l’imidaclopride et 1,0% du fipronil appliqués) des animaux traités ont notamment été identifiés comme sources d’émission via les eaux usées (collection des échantillons aux jours 5, 14 et 28 après le traitement).
De même, de l’imidaclopride et du fipronil ont été détectés dans des rejets d’eaux usées sur plusieurs sites au Royaume-Uni (données du 3rd UK Water Industry Research Chemical Investigation Program (CIP3) Report, Volume 5).
Ces données incitent à l’usage raisonné et au respect scrupuleux de la notice/RCP de ces produits, notamment en termes de baignade/toilettage et de contacts avec l’animal traité, afin de limiter les risques à un niveau acceptable. C’est également un gage d’efficacité et de sécurité pour les propriétaires, dont les enfants.
Des mesures sont mentionnées dans les rubriques « Mises en garde particulières » ou « Précautions particulières d’emploi » de la notice/RCP, comme par exemple :
- Ne pas autoriser l’animal à aller dans les étendues d’eau pendant les 2 jours suivant le traitement.
- Ne pas baigner ou shampooiner l’animal dans les 48 heures suivant le traitement.
- Ne pas manipuler les animaux traités et ne pas autoriser les enfants à jouer avec les animaux traités jusqu'à ce que le site d'application soit sec.
- Ne pas laisser les animaux traités dormir avec leurs maîtres, en particulier les enfants.
Ces mesures résultent de l’analyse des risques exigée pour la mise sur le marché de ces médicaments et reposent sur une évaluation des données expérimentales exigées pour l’établissement du degré d'exposition de l'environnement à ces substances et de l’estimation de leurs effets environnementaux potentiels. Les données exigées et le niveau d’évaluation dépendent du niveau de risque identifié (voir aussi « Ecotoxicité des médicaments vétérinaires : évaluation et gestion des risques pour l’environnement »). Les données disponibles dans la littérature mettent aussi l’accent sur l’importance du respect de ces mesures pour limiter l’impact environnemental des ectoparasiticides ; certaines incitent à durcir les normes acceptées à ce jour.
Actuellement, lors de la demande d’autorisation de mise sur le marché, l’impact environnemental des ectoparasiticides destinés aux animaux de compagnie ne fait pas l’objet d’une évaluation approfondie en raison d’un niveau de risque considéré comme faible. Pour plus d’informations sur l’évaluation des risques environnementaux des antiparasitaires destinés aux animaux de compagnie, voir le Reflection paper du CVMP, section 5.
Si vous suspectez un effet indésirable chez un animal, une personne ou dans l’environnement suite à l’utilisation d’un médicament vétérinaire, vous êtes encouragé.e à le signaler auprès de l’AFMPS ou du titulaire d’autorisation.
Sources :
- Perkins, R., Barron, L., Glauser, G., Whitehead, M., Woodward, G., & Goulson, D. (2024). Down-the-drain pathways for fipronil and imidacloprid applied as spot-on parasiticides to dogs: Estimating aquatic pollution. Science of the Total Environment, 917, 170175.
- Reflection paper on the environmental risk assessment of ectoparasiticidal veterinary medicinal products used in cats and dogs (EMA/CVMP/ERA/31905/2021).