Les antibiotiques d’importance critique comprennent les céphalosporines de 3ème et 4ème générations et les fluoroquinolones.
Les conditions de traitement des animaux producteurs de denrées alimentaires avec des antibiotiques d’importance critique sont en vigueur depuis un certain temps (AR 21/07/2016, art. 67). Ces conditions, non valables pour les médicaments vétérinaires intramammaires et les chevaux, sont résumées à la Figure 1.
L’extension à tous les animaux de l’obligation d’exécuter un test de sensibilité aux antimicrobiens (antibiogramme) avant d’utiliser un antibiotique d’importance critique a été reportée au 1er septembre 2024. L’obligation reste d’application pour les animaux producteurs de denrées alimentaires.
A partir du 1er septembre 2024, l’échantillonnage et l’antibiogramme seront donc également obligatoires pour les animaux de compagnie et les chevaux (producteurs et non producteurs de denrées alimentaires).
Quand puis-je utiliser un antibiotique d’importance critique ?

Figure 1 : Conditions de prescription, de délivrance et d’administration des antibiotiques d’importance critique. Ces conditions sont d’application pour les animaux producteurs de denrées alimentaires (à l’exception des préparations intramammaires et des chevaux) et, à partir du 1er septembre 2024, pour tous les animaux.
La figure peut être téléchargée en pdf à la fin de cet article.
Un vétérinaire ne peut prescrire, délivrer ou administrer des antibiotiques d’importance critique que s’il a été démontré par un test de sensibilité aux antibiotiques (antibiogramme) que l’affection est due à une souche bactérienne sensible uniquement à l’antibiotique d’importance critique testé.
La prescription, la fourniture et l'administration d'antibiotiques d'importance critique visant à instaurer un traitement métaphylactique ou curatif chez des animaux, sont toutefois autorisées s'il est possible de conclure au moyen d’un antibiogramme que la souche bactérienne identifiée n'est pas sensible aux antibiotiques d'importance non critique testés ou à d'autres produits antibactériens testés, et qu'elle est uniquement sensible à un antibiotique d'importance critique testé. Seul ce dernier, dont la sensibilité est effectivement démontrée dans ce test, peut alors être utilisé.
L’antibiogramme doit être effectué par un laboratoire qui a atteint une norme générale de qualité1.
Si aucune culture pure de la souche bactérienne présumée à l’origine de l’infection n’a pu être obtenue, ou si aucun test de sensibilité aux antibiotiques n’est disponible pour la souche bactérienne identifiée, ou s'il est impossible de faire un prélèvement pour la pathologie constatée, ou si le test de sensibilité ne révèle que des substances actives qui n'ont pas les propriétés pharmacocinétiques ou pharmacodynamiques appropriées pour un traitement adéquat, le médecin vétérinaire doit motiver le choix d'un antibiotique d'importance critique sur base de données scientifiques actuelles comparables en matière de résistance aux antibiotiques de la souche bactérienne présumée à l'origine de l'infection, qui indiquent que seuls les antibiotiques d'importance critique sont efficaces. Ce motif est joint au cas par cas au résultat négatif du laboratoire dans un rapport écrit.
Les résultats d’analyse ou tout autre résultat et motif doivent être conservés pendant au moins cinq ans et pouvoir être présentés lors d’un contrôle.
Le responsable des animaux producteurs de denrées alimentaires recevra une copie du résultat d’analyse (ou du motif) et les références uniques du rapport reprenant ce résultat d’analyse doivent être inscrites sur le document d’administration et de fourniture.
Deux situations particulières :
- Si des résultats d'analyses pour la même indication chez le même animal ou le même groupe d'animaux sont disponibles, il n’est pas nécessaire d’effectuer de nouvelles analyses. Ces résultats ne doivent pas avoir plus de 6 mois (poules, porcs et veaux d’engraissement) ou 12 mois (autres catégories de bovins et de volaille, petits ruminants, lapins et aquaculture).
- Dans des cas exceptionnels, urgents, le vétérinaire peut, sous sa propre responsabilité, débuter un traitement avec un antibiotique d’importance critique pour sauver la vie de l’animal ou éviter des séquelles irréversibles. En parallèle, le vétérinaire demande un antibiogramme et adapte son traitement dès que les résultats d’analyse en démontrent la nécessité. Dans l’attente de ces résultats, seul le vétérinaire peut administrer l’antibiotique et uniquement à l’animal précité.
Remarques :
- Les antibiotiques d’importance critique ne peuvent jamais être administrés en prophylaxie.
- Même si seuls des médicaments vétérinaires contenant des antibiotiques d'importance critique sont autorisés pour le traitement d'un animal, le vétérinaire doit faire réaliser un antibiogramme montrant la sensibilité du germe à l'antibiotique d'importance critique.
Même si, dans ce cas, le pathogène est sensible à un antibiotique non critique autorisé pour une autre espèce animale et/ou une indication différente, le vétérinaire ne peut pas appliquer la cascade pour traiter l'animal avec l'antibiotique d'importance non critique.
Note
Cet antibiogramme doit être effectué par un laboratoire qui a atteint une norme générale de qualité :
concernant l’exécution des tests, y compris une comparaison interlaboratoire ; ou
concernant le prélèvement d'échantillons pour la recherche bactériologique et l'isolement de bactéries ; ou
pour la réalisation de tests de sensibilité aux agents antibiotiques dont au moins un test a été accrédité par BELAC ou une institution similaire.
Source : Webinaire de l’AFMPS « Séance d’information AR 21.07.2023 AMR » (08/11/2023)
Voir aussi AFMPS