Info pharmacothérapeutiques

Macrolides

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date de la dernière mise à jour 12-02-2026
Groupe
Antibactériens à usage systémique
Indication
infection bactérienne respiratoire
infection bactérienne - gastro-intestinal
infection bactérienne - conjonctivite
infection bactérienne - peau
infection bactérienne - mammite
Substance active
gamithromycine
spiramycine
tulathromycine
tylosine
tilmicosine
tildipirosine
tylvalosine

Les macrolides, les lincosamides et les streptogramines forment ensemble un groupe appelé “antibiotiques MLS”, auquel se rattachent les pleuromutilines à usage strictement vétérinaire. A l’exception de la virginiamycine non commercialisée actuellement en médecine vétérinaire et exclusivement à usage topique, les streptogramines ne s’emploient pas en thérapeutique.
Ces molécules, bien que structurellement distinctes, possèdent de nombreuses propriétés communes. En effet, toutes sont des antibiotiques bactéricides ou bactériostatiques selon la dose, agissant au niveau de la sous-unité 50 S ribosomale, caractérisés par une forte liposolubilité et une très bonne distribution tissulaire et intracellulaire.

Indication

La spiramycine, la tylosine, la tilmicosine, la tildipirosine, la tylvalosine et les molécules plus récentes telles que la tulathromycine et la gamithromycine sont des macrolides utilisés par voie orale ou parentérale chez les animaux. Ces antibiotiques sont actifs contre diverses bactéries aérobies et anaérobies GRAM+ (Rhodococcus equi, Bacillus, Corynebacterium, Erysipelothrix rhusiopathiae, Listeria, Staphylococcus, Streptococcus, Actinomyces, Clostridium) et quelques bactéries GRAM- (Leptospira, Campylobacter, Actinobacillus, Bacteroides). Les entérobactéries, les pseudomonades, les mycobactéries et les chlamydies sont naturellement résistantes. Des résistances acquises croisées avec les lincosamides ont été observées.

La spiramycine se concentre fortement dans les tissus et peut être utilisée comme traitement alternatif aux pénicillines chez les animaux allergiques à celles-ci ou en cas d'infections causées par des germes résistants. La spiramycine est classiquement associée au métronidazole chez les carnivores domestiques.

La tylosine est surtout employée dans les infections à mycoplasmes chez les ruminants, le porc et la volaille. Chez les bovins et les ovins, la tylosine est aussi utilisée dans le traitement des métrites et mammites causées par les micro-organismes Gram-positifs et, chez les bovins adultes et les veaux, dans le traitement de la nécrobacillose. Chez le porc, la tylosine est utilisée dans le traitement de l'entérite hémorragique, de l'érysipèle, de la métrite et de l'arthrite causés par Mycoplasma et Staphylococcus spp.

La tilmicosine est utilisée pour le traitement de la pneumonie chez les ovins, bovins, porcins, poules et dindes.

La tulathromycine est indiquée pour le traitement des pathologies respiratoires (Mannheimia haemolytica, Pasteurella multocida, Mycoplasma bovis et Histophilus somni) et de la kératoconjonctivite infectieuse (Moraxella bovis) chez les bovins viandeux, pour le traitement des pathologies respiratoires (Actinobacillus pleuropneumoniae, Pasteurella multocida, Haemophilus parasuis et Mycoplasma hyopneumoniae) chez le porc, et pour le traitement systémique de la pododermatite infectieuse (piétain) (Dichelobacter nodosus) chez les ovins. 

La gamithromycine est rapidement résorbée et a une longue durée d'action sur le poumon. Cette substance est enregistrée pour le traitement et la prévention des maladies respiratoires bovines associées à des pathogènes bactériens (Mannheimia haemolytica, Pasteurella multocida et Histophilus somni), le traitement des maladies respiratoires porcines (Actinobacillus pleuropneumoniae, Pasteurella multocida et Haemophilus parasuis) et le traitement systémique de la pododermatite infectieuse (piétin) (Dichelobacter nodosus (vir) et Fusobacterium necrophorum).

La tildipirosine est indiquée dans le traitement des maladies respiratoires porcines (Actinobacillus pleuropneumoniae, Pasteurella multocida, Bordetella bronchiseptica et Haemophilus parasuis) et bovines (Mannheimia haemolytica, Pasteurella multocida et Histophilus somni).

La tylvalosine est indiquée pour le traitement et la métaphylaxie de la pneumonie enzootique porcine (Mycoplasma hyopneumoniae) et de la dysenterie porcine (Brachyspira hyodysenteriae) et pour le traitement de l’entéropathie proliférative porcine (iléite) due à Lawsonia intracellularis.

Les médicaments répertoriés dans cette famille d’antimicrobiens sont principalement  indiqués pour le traitement des pathologies respiratoires infectieuses. Selon les spécialités, les germes visés et les espèces cibles, ils peuvent aussi être recommandés pour le traitement du piétin et des mammites chez le mouton, de la kératoconjonctivite chez le bovin et des pathologies digestives. Les germes impliqués dans ces pathologies et potentiellement sensibles à ces antimicrobiens sont le plus souvent rappelés dans les RCP. Des données cinétiques sont disponibles selon les cas.

Pharmacodynamie

Les macrolides agissent au niveau de la sous-unité 50 S ribosomale et inhibent ainsi la synthèse protéique du pathogène. La tulathromycine et la tildipirosine se distinguent de beaucoup d'autres macrolides par leur longue durée d'action en partie expliquée par leurs groupes aminés (sous-classe des triamilides).

Pharmacocinétique

Les propriétés cinétiques des macrolides sont semblables à celles des lincosamides. Elles se concentrent dans les milieux plus acides que le plasma et atteignent des concentrations particulièrement importantes dans les poumons mais aussi dans la bile, les fluides prostatiques, pleuraux et péritonéaux. La résorption des macrolides est bonne et rapide, aussi bien au niveau intestinal qu’au niveau des sites d’injection. Les macrolides ont une bonne distribution tissulaire, en particulier vers les poumons. L’élimination se fait principalement par les fèces.

Contre-indication

Ne pas administrer en cas d'hypersensibilité aux macrolides.
Ne pas administrer en cas d'insuffisance hépatique ou rénale.
Ne pas administrer aux espèces non cibles (chevaux, lapins, oiseaux ou autres animaux selon la molécule).
Ne pas administrer par une autre voie d'administration que celle mentionnée dans le RCP/notice pour l'espèce cible concernée.

Effets indésirables

Tous les macrolides sont irritants, ce qui peut provoquer, à des degrés divers, de la douleur lors d'injection IM ou des phlébites en cas d'injection IV. Des réactions douloureuses et un gonflement local transitoires au niveau du site d’injection sont possibles. Leur effet stimulant sur le muscle lisse peut induire de la diarrhée, qui reste bénigne chez la plupart des espèces, sauf chez le cheval et le lapin.

Des cas de mortalité liés à la cardiotoxicité de la tilmicosine ont été décrits chez l’homme suite à une auto-injection.

Interactions

Pour éviter une résistance croisée, ne pas administrer simultanément avec d’autres antibactériens ayant un mode d’action similaire, tels que les autres macrolides ou les lincosamides.

Précautions particulières

Une attention particulière est recommandée afin d’éviter toute auto-injection accidentelle. Des études toxicologiques chez des animaux de laboratoire ont révélé des effets cardio-vasculaires après administration intramusculaire des différents macrolides. L'injection de tilmicosine peut s'avérer fatale chez l'homme. 
En cas d’auto-injection accidentelle, demandez immédiatement conseil à un médecin et montrez-lui la notice ou l’étiquetage. N’utilisez pas de seringues automatiques dépourvues d’un système de protection complémentaire. Les macrolides peuvent entraîner une sensibilisation par contact cutané et en cas d’exposition oculaire.

Reproduction & lactation

En raison du manque de données disponibles, il est conseillé de ne pas utiliser ces substances pendant la gestation ou la lactation sauf si les bénéfices s’avèrent plus importants que les risques.

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